Madeleine Santschi

1916-2010. Romancière, essayiste, journaliste et traductrice, est née à Vevey et morte à Jouxtens-Mézery. (2015)

Werke (Auswahl)

Toutes ces voix.
Editions Zoé, 1994

Pas de deux, inédit.

2009

Pas de deux, inédit

A plus de quatre-vingt dix ans, Madeleine Santschi – qui écrit chaque jour, en dépit de l’extrême rareté de ses publications – n’a pas fini de s’inventer!
Ce qui la caractérise tout d’abord est cette exceptionnelle faculté de mise en relation polyphonique des êtres, des voix – Michel Butor, Antonio Pizzuto, Jean Lecoultre – qui fait d’elle une «passeuse» non seulement entre les langues, entre les mots, mais aussi entre les consciences.

Dans l’inédit «Pas de deux» le récit disparaît totalement au profit d’une danse de mots, de silences, de citations, de gestes et de timbres; l’action se voit réduite à un instant «qui pourrait être n’importe quel instant» mais qui est aussi toute la vie:

Aus: Madeleine Santschi. Pas de deux, inédit.

«Lâcher. Se lâcher dans l’espace. Se trouver dans l’espace ainsi les papillons sur les choux ou les navettes spatiales dans le cosmos. Libres, toujours plus libres pour en côtoyer d’autres, converser avec d’autres, en frôler d’autres, les humer, les toucher, les aimer, les perdre à tout jamais pour les rejoindre l’instant d’après ou un siècle plus tard? Qu’importe. Outre, toujours plus outre.»

Lesung: Giovanni Orelli, Madeleine Santschi, Armin Senser, 22.05.2009, SLT

Fr, 22.05.09, 17:00

Lesung
Transit-Lesung
Landhaus, Säulenhalle
Moderation: Daniel Rothenbühler
de/fr/it
1999

Toutes ces voix

Editions Zoé, 1994

Aus: Madeleine Santschi. Toutes ces voix. Editions Zoé, 1994

La nuit sentait l‘acacia. Un objet n‘existe pas seul. C‘est le rapport de l‘objet avec ce qui l‘entoure qui lui donne son sens. Cherchez les rythmes. Elle avait cherché les rythmes. Entre le bord du tapis ocre à losanges noirs et le mur rose, il y avait un grand rythme. Entre l‘extrémité de l‘édredon et la bouche de l’enfant. Comme un supplicié. Les rythmes ne cessaient jamais. Il suffisait de les voir. Toute la nuit, chez elle, à dix kilomètres de lui, assise dans son petit fauteuil jaune, elle avait tenu le fil. A deux mains. Fortement. Calmement. Sans désemparer. D‘une manière paysanne. Les paumes serrées l‘une contre l‘autre. Un peu penché en avant. Le merle avait chanté. Jusqu‘à quatre heures du matin. Puis elle s‘était endormie. La fatigue bien sûr.

Sa, 15.05.99, 17:00

Lecture
Landhaus, Säulenhalle
Moderation: Irene Weber Henking