Daniel Maggetti

Daniel Maggetti, né au Tessin en 1961. Enseigne la littérature romande et francophone à l’Université de Lausanne et dirige le Centre de recherches des Lettres romandes. Auteur de poésie, récits et romans, lauréat des Prix Michel Dentan en 1998 et Lipp Suisse en 2008. (2016)

Werke (Auswahl)

La Veuve à l'enfant.
Editions Zoé, 2015

Les créatures du Bon Dieu.
Edition Aire, 2007

Chambre 112.
Editions de l’Aire, 1997

2016

La Veuve à l'enfant

Editions Zoé, 2015

D’une histoire vraie, l’auteur tire un livre où un curé italien chassé de sa paroisse à cause de son goût pour les jeunes gens prend à son service une veuve vivant à l’écart de tous avec un jeune garçon. Ces personnages, décrits dans une langue qui mêle les mots tessinois et italiens au français, évoquent un temps où la misère jetait les Tessinois sur la route, où les rancœurs mijotaient et où les plus beaux sacrifices demeuraient ignorés.

Aus: Daniel Maggetti. La Veuve à l'enfant. Editions Zoé, 2015

Les paysans déblayaient les ruelles, un tronçon par famille, en s’y reprenant chaque matin ; Don Tommaso ne se rendit plus dans les autres villages que lorsqu’il ne pouvait pas l’éviter, à savoir si une mort était imminente ou déjà survenue, car pour les baptêmes, il fallait de tout temps que les parents s’en viennent à la paroissiale avec leur nourrisson, il n’y avait pas de font baptismal dans les oratorii, sauf à L., à cause des signori di Parma qui avaient obtenu l’autorisation d’en placer un, en marbre orangé, à l’entrée de l’église.


Fr, 06.05.16, 11:00

Lecture
Stadttheater, Studio Arici
Moderation: Geneviève Bridel

Sa, 07.05.16, 16:00

Brève lecture
Aussenbühne Klosterplatz
2008

Les créatures du Bon Dieu

Edition Aire, 2007

Enseignant à l’Université et directeur du Centre de recherches sur les lettres romandes, Daniel Maggetti nous revient avec „Les créatures du Bon Dieu“. Ressuscitant le village tessinois de son enfance, le narrateur se souvient des apprentissages faits aux côtés d’un couple contesté: le prêtre Don Rodrigo et l’aristocrate autrichienne, Marie-Louise Ostenmeyer. L’écriture, vive et pleine d’humour, met en lumière avec bonheur la force expressive tirée du bagage pluriculturel de son auteur.

Aus: Daniel Maggetti. Les créatures du Bon Dieu. Edition Aire, 2007

Un soir que j’étais avec eux, elle lança la conversation sur la Genèse; prenant un air soucieux, elle demanda à son invité, repu et visiblement satisfait, comment il s’expliquait la continuation de l’espèce humaine après Adam et Eve, parce qu’enfin, disait-elle, pour qu’il y ait procréation, et il y en avait eu, il avait bien fallu une unione carnale, elle martelait la formule à laquelle son accent conférait une couleur comique; or, les seules femmes sur terre étant Eve et, à la rigueur, ses filles si elle en avait enfantées, ça ne pouvait être que par l’inceste que l’humanité s’était accrue, ce qui n’avait pas de quoi choquer les scientistes ou les amateurs de l’Egypte antique, mais ce qui était en contradiction avec certains préceptes bibliques, croyait-elle se souvenir …

Lesung: Daniel Maggetti, 03.05.2008, SLT

Sa, 03.05.08, 15:00

Lecture
Landhaus, Säulenhalle
Moderation: Muriel Zeender Berset
1998

Extrait d’un manuscrit en travail

Editions de l’Aire, 1997

Aus: Daniel Maggetti. Chambre 112. Editions de l’Aire, 1997

Marina, toutes les voisines le disaient, elle ne se souciait en tout cas pas de paraître une fille sérieuse, fallait voir comment elle s’attifait le dimanche lorsqu’elles partaient en ville pour aller au cinéma, c’était à peine croyable, enfin, pour qui se prennent-ils dans cette famille, ont-ils déjà oublié le mariage précipité de Lisa enceinte à cent pour cent?
Non, maman l’avait toujours devant les yeux, la menace de la robe rose tendue sur un ventre fort peu virginal, mais que pouvaient ses admonestations contre les mauvais exemples glanés quotidiennement par ses aînées pendant leur pause de midi? Les Fanella, bien sûr, avaient tout mis en œuvre pour la rassurer, leur épicerie était un havre de vertu, elles cousinaient avec un conseiller d’Etat, elles garantissaient la bonne conduite de leurs vendeuses, pensez-vous, il en va de notre réputation, et même de celle de leur sœur cadette qui donnait des cours de langue dans un bureau aménagé à l’arrière du magasin. Calées dans des fauteuils rembourrés aux tapisseries brodées par elles-mêmes au temps de la jeunesse et des mirages de fiançailles, les signorine trônaient sur une estrade au fond de la boutique, leurs lourdes silhouettes se dé-- tachaient contre le mur où couraient les étagères supportant les bocaux en verre remplis de riz, de lentilles, de champignons séchés.


Sa, 23.05.98, 17:00

Lecture
Landhaus, Säulenhalle
Moderation: Christian Viredaz