Catherine Safonoff

Née en 1939 à Genève, a travaillé comme critique littéraire avant de se consacrer à l’écriture de ses livres. Dans son œuvre, mêlant fiction et autobiographie, elle saisit avec acuité les nuances des émotions. Elle reçoit de nombreux prix prestigieux. (2017)

Oeuvres (Selection)

La distance de fuite.
Editions Zoé, 2017

Le mineur et le canari .
Editions Zoé, 2012

Autour de ma mère.
Editions Zoé, 2007

Au nord du capitaine.
Editions Zoé, 2002

Le pont aux heures.
Editions Zoé, 1996

Retour, retour.
Editions Zoé, 1984

La part d'Esmé.
Editions L’Âge d’Homme, 1977

2017

La distance de fuite

Editions Zoé, 2017

L’écrivaine genevoise explore son rapport à l’autre : dans les rencontres, la mémoire et l’écriture. Elle raconte son quotidien, les visites de son exmari, des interactions dans la rue, le souvenir d’un amant grec, les balades en vélo, la remise du Prix Ramuz ou encore des ateliers d’écriture qu’elle donne en prison. La construction de ce texte, dont se dégage une impression d’immense sincérité et de spontanéité, se révèle magnifiquement maîtrisée.

De: Catherine Safonoff. La distance de fuite. Editions Zoé, 2017

On écrit pour se relier aux autres, mais dans la solitude, à distance. C’est une drôle d’activité, l’écriture, on fait ça en silence, peut-être pour mieux écouter ses pensées. On dit que c’est une évasion, l’écriture. Et c’est vrai ; pour ma part cela m’a permis de sortir de certains problèmes qui me tourmentaient. D’écrire des livres, cela m’a rendue un peu plus sûre de moi, ça m’a rendue plus courageuse.


Lecture: Catherine Safonoff et Nathalie Garbely, 26.05.2017, JLS

Ve, 26.05.17, 18:00

Lecture
Landhaus, Säulenhalle
Modération: Nathalie Garbely
2013

Le mineur et le canari

Editions Zoé, 2012

Dans Le Mineur et le canari, une femme tombe amoureuse de son psy. Son désir devient déclencheur d’imaginaire, les séances nourrissant le fantasme et se doublant d’écriture. Safonoff allie à merveille légèreté et sens du burlesque, profondeur, authenticité et prise de risque.

De: Catherine Safonoff. Le mineur et le canari . Editions Zoé, 2012

Onze heures du soir. J’écoute la radio quand un fort frappement à la porte-fenêtre...

esung: Catherine Safonoff, 10.05.2013, SLT

Ve, 10.05.13, 15:00

Landhaus, Landhaussaal
Modération: Anne Pitteloud
2003

Au nord du capitaine

Editions Zoé, 2002

De: Catherine Safonoff. Au nord du capitaine. Editions Zoé, 2002

Le jeune homme du tableau a un regard inquisiteur et mélancolique. Le lézard est son petit sphinx. Si je ne pars pas, la partie s’interrompt pour de bon ? je demande. Touché, c’est joué, dit le lézard, puis il se cache dans un repli du châle bleu. Sa disparition met en évidence l’arme sur le meuble obscur. Ce soir, le léger strabisme du jeune homme converge si précisément sur mon cou que je pose ma main dessus pour le protéger. Silence dans la maison. Au sous-sol, la machine à laver entame le cycle du dernier essorage. Je tends l’oreille. Un instant les vibrations de la machine égrènent dans le mur du corridor un arpège sourd, régulier et très rapide. Puis c’est le mince sifflement du freinage du tambour. Très haut au-dessus de la maison passe un Boeing, son ronronnement tenu et solitaire permattant de distinguer son orientation. J’étends mes draps sur une ficelle tendue à travers la chambre entre l’angle de la bibliothèque et le tuyau du radiateur. L’accrochage dérange la chatte qui saute du radiateur et me jette un regard hautain et blessé. Le lézard sort la tête du pli bleu : existes-tu pour quelqu’un au monde ? Es-tu capable d’exister pour personne au monde ? C’est la question.

Sa, 31.05.03, 14:00

Lecture
Landhaus, Säulenhalle
Modération: Deta Hadorn-Planta
1997

Le pont aux heures

Editions Zoé, 1996

De: Catherine Safonoff. Le pont aux heures. Editions Zoé, 1996

Mais je dis „cent ans“ d‘un ton décidé et ferme. Cent, le premier grand chiffre d‘un enfant, les années d‘une très longue vie humaine. Ma réponse plut à S. et je signai aveuglément un premier papier. Nous bûmes à ces futurs cent ans. Je reposai mon verre et dis à Monsieur S. que ce qui se passait m‘échappait. Avec bonne humeur il m‘annonça que j‘allais lui racheter Prima Vera. Avec son argent bien entendu. Bien entendu, répétai-je. Rendez-vous était déjà pris chez le notaire. J‘opinai, con-ciliante. Deux autres verres de fine, l‘air amusé de S., et je commençai à me trouver faite pour mon rôle en cette abracadabrante affaire. Tout de même, je tins à exprimer mes scrupules à profiter, en somme, de zizanies familiales.
- Vous avez tort, répliqua S. En matière d‘argent, le troisième larron est le seul à peu près excusable.
- Et si quelqu‘un de votre clan lance contre moi une opération punitive?
S. m‘observait, malicieux.
- Vous voulez Prima Vera? Quel paradis est sans défaut?


Sa, 10.05.97, 16:00

Lecture
Landhaus, Säulenhalle
Modération: Deta Hadorn-Planta
1980

La part d'Esmé

Editions L’Âge d’Homme, 1977

L’écrivaine genevoise explore son rapport à l’autre : dans les rencontres, la mémoire et l’écriture. Elle raconte son quotidien, les visites de son ex- mari, des interactions dans la rue, le souvenir d’un amant grec, les balades en vélo, la remise du Prix Ramuz ou encore des ateliers d’écriture qu’elle donne en prison. La construction de ce texte, dont se dégage une impression d’immense sincérité et de spontanéité, se révèle magnifiquement maîtrisée.

De: Catherine Safonoff. La part d'Esmé. Editions L’Âge d’Homme, 1977

On écrit pour se relier aux autres, mais dans la solitude, à distance. C’est une drôle d’activité, l’écriture, on fait ça en silence, peut-être pour mieux écouter ses pensées. On dit que c’est une évasion, l’écriture. Et c’est vrai ; pour ma part cela m’a permis de sortir de certains problèmes qui me tourmentaient. D’écrire des livres, cela m’a rendue un peu plus sûre de moi, ça m’a rendue plus courageuse.

Sa, 17.05.80, 11:00

Lecture
Kreuzsaal