Étienne Barilier

Étienne Barilier, né en 1947 à Payerne. Il a fait des études de lettres classiques. Il écrit des romans, des essais et il traduit de l’allemand vers le français. Il vit à Pully. (2019)

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Oeuvres (Selection)

Dans Khartoum assiégée.
Editions Phébus, 2018

Leonhard Euler. La clarté de l'esprit.
PPUR, 2018

Exil et musique.
Les éditions Fayard, 2018

Vertige de la force.
Buchet-Chastel, 2016

Les Cheveux de Lucrèce.
Buchet-Chastel, 2015

2019

Dans Khartoum assiégée

Editions Phébus, 2018

Durant le siège de Khartoum, en 1884, s’affrontent le général anglais Charles Gordon et le Mahdi, chef de guerre mystique prêt à tout pour rendre le Soudan à l’islam. Autour d’eux se multiplient des personnages dont les actes et les réflexions donnent autant à ressentir les grondements de la ville qu’à rendre compte des espoirs et des convoitises au cœur du conflit. Portée par une grande richesse documentaire, cette fresque historique investit par la fiction un épisode oublié du colonialisme qui fait écho à l’actualité.

De: Étienne Barilier. Dans Khartoum assiégée. Editions Phébus, 2018

Elle surgit en plein jour, si proche du soleil qu’on ne peut pas la contempler. Elle brille au-dessus d’une ville menacée, bientôt assiégée, Khartoum. Car dans le désert, un prophète s’est dressé, le Mahdi, qui veut épurer le monde, chasser le pouvoir apostat, éradiquer la corruption, brûler les mécréants au feu de la vraie foi, au fer de la vraie loi. Une souffrance lente et progressive, voilà ce que la comète annonce à la capitale incertaine d’une contrée indéfinie, où les deux Nils se réunissent ; mais deux artères immenses ne suffisent pas à la vie de Khartoum, ce cœur d’enfant mort-né.

Lesung: Ėtienne Barilier und Elisabeth Jobin, 31.05.2019

Ve, 31.05.19, 18:00

Lecture
Dans Khartoum assiégée
Stadttheater, Theatersaal
Modération: Elisabeth Jobin
2009
 

Sa, 23.05.09, 11:00

Lecture
Landhaus, Säulenhalle
Modération: Hugo Loetscher
2004
 

Ve, 21.05.04, 15:00

Lecture
Landhaus, Säulenhalle
Modération: Ivan Farron
1994

Tiré du début d'un "poème en prose" inédit; voir/s.a. "Zündschrift Mai 1994 francais/allemand

Autant la voir tout de suite, la maison de vieux qui m'est destinée Je suis comme tout le monde: je fuis les vieux, et c'est en vain. Pas besoin de mon guide pour savoir que dans une vie humaine on se rapproche chaque jour un peu plus de ce qui nous dégoûte et nous épouvante. On est ce qu'on hait. Dans les faubourgs. La ville est ainsi conçue, depuis très longtemps, et malgré le bord du lac - mais j'imagine la mer, je la devine toujours, là tout près, noire, avec de dures odeurs. Les prisons les maisons des vieux, les lieux où l'on brûle les cadavres de vieux ou les victimes décharnées de la peste contemporaine, tout cela se trouve relégué bien à l'écart, à l'extérieur, dans la verdure et l'atroce campagne. Tous les asiles pour aveugles se nomment Clair Soleil, tous les camps portent au-dessus de leur portail rouillé des mots à la gloire du travail qui rend libre. Je me tourne vers mon compagnon: - Ce n'est pas juste, tu vois bien que nous autres humains sommes parvenus tout chasser de nous, de notre ville, tout ce que nous haïssons, et c'est exactement cela que tu veux me faire voir.

 

Sa, 14.05.94, 16:00

Lecture
Landhaus, Säulenhalle
Modération: Jean-Christophe Aeschlimann
1987

Tiré de: La Banquet

Nous allons être rendus à la vie, à l'action, au travail, à la fatitue, aux horizons proches, aux lignes découpées, et nous n'avons pas trouvé l'harmonie. Il faut donc reprendre, recommencer, refuser le jour, comme les amants mystiques, traivailler malgré la grisaille toujours plus claire, les flammes toujours plus bleues, les verres toujours plus ternes. Contempler, oui. Nous en sommes tous capables. Mais je vous en prie, s'il était possible de contempler nos mots comme des visages, nos visages comme les mots clés de notre vie! D'écouter toutes les paroles, même celles d'un ivrogne déclamateur. Et si malgré tout nous devons regagner la lumière du quotidien - mais qui nous y oblige? Qui je vous le demande!
J'ai fait le serment de ne jamais dire mon amour, de ne jamais me croire amoureux, tant que je n'aurai pas écouté, écouté vraiment les mots "je t'aime". Les ai-je suffisamment écoutés, Annie? Mon discours se termine. L'heure est à la discussion, n'est pas? Je cesserai de troubler le silence créé par vos paroles. Ensemble nous écouterons, nous regarderons l'aurore des mots. Nous prolongerons notre nuit sous le soleil. Les mots cherchent leurs humains, ils cherchent des corps vivants pur manifester leur lumière, pour la prouver, pour la sculpter. Maintenant j'en suis sûr , les mots nous trouveront.

 

Ve, 29.05.87, 17:00

Lecture
Kreuzsaal