Jérôme Meizoz

Né en Suisse (Valais) en 1967. Ecrivain, essayiste et critique littéraire, enseigne la littérature francophone à l’Université de Lausanne. Un des spécialistes de Charles-Ferdinand Ramuz. Ses textes explorent la mémoire familiale et sociale. (2015)

Werke (Auswahl)

Haut Val des loups.
Editions Zoé, 2015

Temps mort. Une jeunesse jaciste 1937-1945..
Éditions En Bas, 2014

Saintes colères.
Editions d’autre part, 2014

Fantômes.
Editions d’en bas, 2010

Jours rouges.
Éditions En Bas, 2003

Morts ou vif. photographies d'Oswald Ruppen.
Editions Zoé, 1999

2015

Haut Val des loups

Editions Zoé, 2015

Ceux qui ont passé à tabac un écologiste, en février 1991, n’ont jamais été punis. Face au silence obstiné, l’auteur recourt à la littérature, convoquant les poètes ou militants décidés à protéger les paysages de son petit pays des visées affairistes. Alternant le portrait d’une société close et celui d’une jeunesse éprise d’absolu, le livre s’interroge sur notre rapport à la nature et à la violence aussi bien que sur l’entreprise romanesque.

Aus: Jérôme Meizoz. Haut Val des loups. Editions Zoé, 2015

Le Jeune Homme gisant sur le sol a été ton ami d’études. Peut-être ses agresseurs voulaient-ils laisser là une viande morte? De vieilles énergies instinctives sourdent vers la surface.
Après la violence subie, les mots entre vous restent longtemps figés, poisseux. Au loin, votre jeunesse, comme un soleil déjà bas. Cette fois, tu t’es juré que les coups portés au Jeune Homme ne resteraient pas impunis.


Lecture: Jérôme Meizoz, 16.05.2015, JLS
Présentation du livre: Histoire de la littérature en Suisse romande, 15.05.2015, JLS
Kunst & Politik: Literatur im Krisenfall, 16.05.2015, SLT

Fr, 15.05.15, 13:00

Présentation du livre
«Histoire de la littérature en Suisse romande»
Landhaus, Säulenhalle
Moderation: Nicolas Couchepin

Fr, 15.05.15, 17:00

Brève lecture
Aussenbühne Klosterplatz

Sa, 16.05.15, 12:00

Lecture
Stadttheater, Theatersaal
Moderation: Nicolas Couchepin

Sa, 16.05.15, 17:00

Kunst & Politik
Literatur im Krisenfall
Landhaus, Landhaussaal
Moderation: Corina Caduff
2011

Fantômes

Editions d’en bas, 2010

Dans «Fantômes», les proses brèves de Jérôme Meizoz font écho aux lavis du peintre Zivo pour donner forme aux figures invisibles qui habitent le réel, à ces absents devenus présences intimes qui continuent d'agir en nous. Entre rêves, souvenirs et présent, l’auteur brouille les strates du temps et les niveaux de réalité. C’est aussi un Valais montagnard et patriarcal qui s’esquisse au fil de ces évocations fantômatiques, où l’on retrouve le regard de sociologue de Meizoz et son intérêt sensible pour les petites gens.

Aus: Jérôme Meizoz. Fantômes. Editions d’en bas, 2010

On distingue alors les premières granges, les maisons. Un lampadaire public vient à votre rencontre, on est de retour parmi les hommes. Mais la rue est vide, à cette heure, tous sont captifs des écrans. Leurs images vibrent dans les vitrages. On passe comme un vagabond avec ses sacs, on regarde furtivement dans les appartements, les bonheurs, les malheurs qui s’y font. Un chien fait son office, et on reprend sa contenance. Sur un arbre enneigé, des kakis mûrs sont à demi rongés par les moineaux. Leur aura jaune, leur orange intense éclaire presque le jardin. Voilà, c’est ici.
Celui qui marche a toujours un rêve d’avance.


Lesung: Jérome Meizoz, 04.06.2011, SLT

Sa, 04.06.11, 14:00

Lecture
Landhaus, Seminarraum
Moderation: Marion Graf
2000

Extrait de: Gestes de mon frère, inédit

Editions Zoé, 1999

Aus: Jérôme Meizoz. Morts ou vif. photographies d'Oswald Ruppen. Editions Zoé, 1999

Depuis que je fais le secrétaire du gros consul français, dans la bâtisse noyée de feuillages sur la frange de collines qui domine la ville il m'est donné de voir bien des choses de la vie. Le consul est élégant. Des Noirs le servent respectueusement, et lui, il sert la France.
Tous les matins que Dieu fait, je traverse le parc public. C'est là que travaille «mon frère».
Depuis cing ans que je lobserve en toute discrétion.
Il ne se doute de rien, parfois même me traverse la fugace pensée que je n'existe pas à ses yeux. Il ne semble pas avoir reçu en partage un haut niveau de conscience, mon frère.
En janvier, sachez-le, il taille les pommiers. Cela dure des semaines, et il est du genre lent, mon frère. En mars il soigne les primeveres, en avril les tulipes, en mai les jacinthes dont le parfum me ferait parfois défaillir. En juillet, impassible sous le gros soleil, il taille le gazon, mon frère, en septembre arrache les bulbes, en novembre recouvre le sol de branches de sapin.
Il sourit souvent mon frère, dans le vent, à rien, surtout pas à moi, il n'a toujours pas remarqué mon manège. De loin, je reconnais son grand pas lent, rythme, il imprime sa marque à se jardin terré au coeur de la ville frémissante de commerces.
Je ne lui connais pas de maître, mon frère, de patron, de chef ou tout autre personnage apte à remplir un tel rôle.
Il est toujours là, seul absolument, actif et cependant vide de pensées, pour le seul plaisir des habitants de la ville qui traversent furtivement le jardin.
Il y a encore des îlots, des lieux écartés, donc qui ont échappé à ce monde.


Sa, 03.06.00, 16:00

Lecture
Landhaus, Säulenhalle
Moderation: Daniel de Roulet