Journées littéraires de Soleure 2012

Si vous venez à Soleure le week-end de l’Ascension, chère lectrice et cher lecteur, c’est bien sûr par intérêt pour les livres, mais aussi pour les personnes en chair et en os qui écrivent et, surtout, lisent leurs textes. Pendant ces trois jours, une centaine d’auteurs, d’artistes et de traducteurs présenteront leurs nouvelles parutions, dans plus de dix langues et de multiples dialectes, sous la forme de lectures, de discussions et de performances.

Lors de cette 34e édition des Journées littéraires de Soleure, nous évoquerons aussi le fameux « baiser de la muse ». L’inspiration existe-t-elle encore ou fait-elle partie des vieilles lunes ? Le baiser de la muse joue-t-il un rôle important dans les pays où les écrivains sont persécutés et risquent leur vie ? Chaque jour à midi, des auteurs parleront de leur relation personnelle avec les muses. Quant aux curieux qui voudraient assister en direct au processus créatif, ils auront l’occasion de suivre sur écran le travail de traducteurs en temps réel devant leur ordinateur, ou encore d’écouter les histoires inventées séance tenante par les écrivains qui auront jeté les dés icon poet des frères Frei.

Les Journées littéraires s’ouvrent toujours aux lettres étrangères. Cette année, des écrivains du Proche-Orient analyseront la situation de leur pays sous l’angle culturel. Ainsi, le Nigérian Helon Habila abordera des enjeux brûlants de sa région avec son nouveau roman Oil on Water. L’auteur allemand F. C. Delius tracera ses esquisses biographiques réunies sous le titre Als die Bücher noch geholfen haben. Marco Balzano évoquera des vies italiennes entre Nord et Sud dans son premier roman Il figlio del figlio. Quant aux Français Arnaud Cathrine et Mathias Enard, ils présenteront leur nouvelles parutions, respectivement Nos Vies romancées et L’Alcool et la Nostalgie.
Pour la première fois en Suisse, vous aurez l’occasion d’entendre les auteures de spoken word Lebogang Mashile (Afrique du Sud) et Meena Kandasamy (Tamil Nadu, Inde). Pour cette performance, les deux femmes se sont associées à Chirikure Chirikure, du Zimbabwe : tous les trois ont déjà captivé le public du monde entier lors de festivals de poésie. Autre temps fort à ne pas manquer : les textes poétiques de Philippe Jaccottet résonneront dans le spectacle lyrique et musical Dans la Nuit la plus claire jamais rêvée.

Que seraient les Journées littéraires de Soleure sans leur panorama annuel sur la littérature suisse par-delà les langues ? Serons présents, notamment, les écrivains romands Thomas Bouvier, Jean-François Haas, Claire Krähenbühl, Reynald Freudiger (Prix du roman des Romands pour son recueil Àngeles) et Nicolas Verdan (Prix du public de la RTS pour Le Patient du Dr Hirschfeld), ou encore le Suisse italien Paolo di Stefano et l’auteur romanche Jon Semadeni, avec une nouvelle traduction de La Jürada.
Kristian Kracht fera une lecture d’Imperium, Franz Hohler nous parlera de ses nouvelles Der Stein et de ses Spaziergänge et lira des histoires pour enfants, et Lukas Hartmann racontera la vie de bandits (Räuberleben).

Deux ateliers de traduction seront consacrés à Jean-Luc Benoziglio et à Douna Loup. Plusieurs auteurs romands parleront de leur relation au roman lors du vernissage du dernier numéro de La Revue de Belles-Lettres, « Paroles de romanciers ». Enfin, côté premiers romans, vous pourrez découvrir les Chroniques de l’Occident nomade d’Aude Seigne (Prix Nicolas Bouvier 2011), les premières œuvres de Matthias Nawrat ou d’Ursula Timea Rossel et, en dialecte singinois, les poèmes de la Fribourgeoise Angelia Maria Schwaller.

Les Muses dispensent-elles aussi leurs bienfaits pour l’écriture à deux voix ? Le Suisse Jürg Halter et le Japonais Tanikawa Shuntarô nous le diront.

Dimanche, nous fêterons le 75e anniversaire du critique littéraire et auteur Peter von Matt. Roger de Weck explorera en sa compagnie les liens entre littérature et politique suisses, au passé comme au présent.

Cette année, les Muses s’attardent à Soleure – suivez-les, car elles sont de bon conseil !