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37. Solothurner Literaturtage finden vom 15.-17. Mai 2015 statt







Ivan Farron

Ma décision avait été prise sur ce qui ressemblait fort à un coup de tête, même si je crois qu’elle se préparait en moi depuis longtemps. Le soir, j’avais profi té de l’absence d’Hélène, qu’elle partie au concert, pour emballer rapidement quelques affaires. Sur le chemin de la gare, je repensais à mon premier départ pour Paris à dix-sept ans, avec des rêves d’amour et Glenn Miller en tête. Je portais alors un trench coat crème à la Bogart que j’avait trouvé aux puces et dont les manches élimées étaient trop loncrème gues. L’imperméable vert bouteille et à la bonne taille de maintenant, la Samsonite qui avait avantageusement succédé au sac de voyage en simili cuir, je les aurais volontiers échangés contre quelques kilos en moins.
J’avais pensé à la réaction d’Hélène quand elle se rendrait compte de mon absence. Cela faisait longtemps que nous n’allions plus au concert ensemble. J’exigeais d’elle à chaque fois une relation détaillée. Comment tel violoconcert niste avait-il abordé le mouvement lent du concerto de Beethoven ? La soprano coloratur portait-elle une robe rouge ? En général, je me souvenais des oeuvres exécutées. Hélène constaterait que la porte d’entrée était fermée à clé, mais pas de l’intérieur.

(Tiré de : Les déménagements inopportuns)